弟子丸泰仙
Maitre
Taisen Deshimaru (1914-1982. ápr.)
A hely (Párizs) és a dátum (1968) óhatatlanul felveti egy elmaradt találkozás kérdését. 1968-1969-ben Párizsban éltem, a Masson et Cie kiadóvállalatnál dolgoztam. Ami a zent illeti, úgy éreztem, csak rám tartozik, nem kerestem meditáló csoportok társaságát.
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Így
kezdte... |
A mindössze két évvel korábban, 51 éves fejjel zen szerzetessé lett Taisen Deshimaru 1967-ben kezdte fantasztikus tanítómesteri karrierjét egy párizsi lakásban, francia nyelvtudás és az otthoni szótó adminisztráció felhatalmazása nélkül. Akkor még nem hallottam róla. Noha elsõ könyve, a VRAI ZEN már valamivel Ausztráliába való emigrálásom elõtt megjelent, 1969 közepén, de Deshimaru dódzsóinak (dojo) robbanásszerû szaporodása Európában a hetvenes évek derekától indult be igazán. www.zen-azi.org
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Maitre Deshimaru, 1976 |
1978 |
Magyarországon Ivon
Bec (Mjóken szerzetes) tanítja 1992 óta a Deshimaru-iskola tanait: http://zazen.freeweb.hu
Mokusó Zen Dódzsó
1165 Budapest, Sashalom, Rákosi út 77.
A japán szótó
hatóságok se hagyhatták figyelmen kívül ezt a hatalmas fejlõdést, és ha kissé
kényszeredetten, de szülõföldjén is elismerték Deshimaru sikereit.
Kétségek azóta is fel-felmerülnek:
www.butsudo.net/AZI/index.htm
This is the html version
of the file http://www.butsudo.net/AZI/Download/ikkyu.pdf.
Ikkyu
Zen sans langue de bois
Une fausse interview vraisemblable sur la critique de
l'Association Zen Internationale et de Taisen Deshimaru
- Ikkyu, pourquoi ce pseudonyme?
Pour que l'attention
porte sur ce qui est dit et pas sur celui qui le dit. C'est aussi un
clin d'oeil á Deshimaru l'alcoolo, notre pere et grand-pere indigne. Ikkyu
parlait et
rotait sans langue de bois á l'establishment de l'époque. Il a déchiré son
shiho, un
morceau de papier. Je revêts le pseudo par révérence.
- On reproche précisément
á la critique de l'AZI de se situer dans
l'opposition acharnée.
Pour proposer de changer,
il faut identifier ce qui ne va pas. C'est ce que fait la
critique. Elle part du constat qu'il existe á l'AZI un malaise diffus que la
plupart
ressentent. La critique est le premier temps. Les propositions constructives
interviennent dans un deuxieme temps. Aussi la critique est-elle un stade de
préparation pour les réformes.
- Dans le débat sur
l'AZI, les responsables de l'AZI (godos) laissent
dire. Pourquoi?
Le style des godos est un
style autoritaire qui ne s'embarrasse pas de dialogue et ne
tolere pas la critique. Que peuvent-ils répondre face á une critique argumentée
et
factuelle sinon par la rhétorique creuse, la révérence dégoulinante au mythe
fondateur ou l'ignorance. En ne répondant pas ils n'assument pas leurs
responsabilités et confirment le bien-fondé de la critique par défaut.
- Pourquoi voulez-vous
réformer l'AZI au lieu de vous changer vous-
même?
Ce genre de question sent
le procédé pour détourner l'attention de problemes réels.
Pourquoi opposer l'évolution intérieure et l'évolution d'un groupe? Les deux
sont
compatibles, interconnectés et je dirais même qu'un pratiquant sérieux devrait
s'interroger et participer á l'évolution du groupe. Suivre le mouvement sans
réfléchir
c'est devenir une pauvre bête grégaire.
- Qu'est-ce qui vous
donne le droit de critiquer des maîtres?
Qui á part eux-mêmes les reconnaît comme des maîtres? L'empereur-godo est nu,
Deshimaru est son cache-sexe. Comme le dit l'Évangile, l'arbre sera jugé á ses
fruits.
Ceux-lá ne sont pas si mûrs. Des éveillés auraient trouvé des solutions
créatives, ils
seraient lucides, ouverts, bienveillants et non pas apothicaires, soupçonneux,
menaçants et sur la défensive.
- Mais qu'est-ce qui légitime votre critique?
Le simple fait d'être membre suffirait. L'usage de la raison et du bon sens aussi.
- Pourquoi n'allez-vous pas voir ailleurs si vous n'êtes pas content ?
J'ai malgré tout encore des espoirs pour l'AZI. Partir serait une solution de facilité.
- Ce que vous voulez réformer, c'est ce que vous n'aimez pas?
Pourtant "la grande
Voie est sans difficulté, il suffit de ne pas prendre ni
rejeter", de ne pas prendre parti.
Restons pragmatiques. Quand vous traversez la rue, vous choisissez de ne pas
vous
jeter sous les roues des voitures. Il ne s'agit pas d'une question de goût mais
de
santé et de bon sens. Cela dit, au-delá des arguments et des principes on
pourrait
aussi ne pas avoir le goût de la tyrannie.
- N'est-il pas présomptueux de vouloir réformer le zen?
Il ne s'agit pas du zen,
qui d'ailleurs existe sous de multiples formes, mais de l'AZI.
On ne réforme pas pour le simple goût de la nouveauté ou du changement. C'est
ainsi que ce qui est sain et solide finit par constituer une tradition. Or á
l'AZI que
constate-t-on ? D'abord, beaucoup de nouveautés contestables par rapport á la
tradition Sôtô. Je vois d'abord le kusen qui est devenu un discours-fleuve le
long
duquel flottent inepties et niaiseries. Sans parler de la fange que constitue
l'idéologie
brunâtre de Deshimaru. Par ailleurs certains éléments qui correspondent á la
culture
japonaise médiévale, en ce qui concerne l'exercice de l'autorité et la
légitimité
notamment, sont parfaitement incongrus en France au XXIe siecle et n'auraient
pas
du être importés et instaurés tels quels. Il s'agit bien sûr aussi de revoir la
pédagogie
des petits chefs et gauleiter locaux.
- L'AZI n'est-elle pas le
zen, en France au moins?
Au début des années soixante-dix, l'AZI était le seul groupement zen
d'envergure en
France. Elle s'est d'ailleurs efforcée d'ignorer les autres écoles zen et a
toujours
laissé entendre qu'elle détenait le vrai zen (le zen c'est zazen) et que le
zazen c'est
l'AZI. Or le zazen est le fondement de la pratique dans toutes les écoles zen.
Comme
le dit Stéphane Thibaut, les godos de l'AZI marquent leur territoire en faisant
pipi
autour du même arbre. Leur approche est celle de vendeurs de lessive qui
raisonnent
en parts de marchés et en présence médiatique.
- Ces reproches semblent superficiels, ils visent les feuilles. Et le tronc?
La critique actuelle
concerne les légendes autour de Deshimaru et l'administration de
l'AZI. Ils s'agissait de présenter une critique factuelle, or la critique de
l'enseignement ne s'y prête pas car elle verse rapidement dans le débat
d'opinion. Il
était cependant facile de puiser dans l'"intégrale" des enseignements
de Taisen
Deshimaru des citations approximatives ou completement á côté de la plaque.
Dans
ce sens on pourrait dire qu'une telle critique factuelle est superficielle.
Mais il est
aussi reproché á l'AZI d'être incohérente et de manger á tous les râteliers,
tantôt
bouddhiste, tantôt au-delá du bouddhisme, tantôt Sôtô, tantôt "sans aucun
lien de
dépendance á l'égard du zen au Japon". Le sectarisme de l'AZI est analysé
sur le
site. Globalement, je ne dirais donc pas qu'il s'agit d'une critique
superficielle.
- Ne dites-vous pas que
le zazen est le fondement de la pratique. N'est-ce
pas justement le cas á l'AZI?
En effet l'expérience du
zen, telle qu'elle s'acquiert par la pratique formelle du zazen
constitue l'élément central de la formation, encore une fois dans toutes les
écoles
zen. Dans la pratique cependant, le zazen de l'AZI est pollué par un kusen sui
generis, inconnu ailleurs. Le kusen est présenté comme un enseignement donné
pendant la méditation. Souvent c'est un fatras de slogans et de comme ntaires
verbeux. Dans les dojos sans godo (au sens d'enseignant) c'est un kusen de
Deshimaru ou des godos qui est lu par le responsable de séance. Les kusen de
Deshimaru véhiculent une idéologie sectaire et inepte. C'est ce zazen-lá qui
est
sensé être le "vrai zen"?
- Le zen n'est-il pas
avant tout une question d'expérience personnelle
et non pas une capacité de discourir intelligemment?
Certes. Il serait
néanmoins souhaitable que cette expérience personnelle ne soit pas
un prétexte pour empêcher le débat, comme c'est le cas á l'AZI où le dogme
n'est
pas soumis á l'examen de l'intelligence. Par ailleurs rien n'empêche de
discourir
intelligemment de son expérience au lieu de ressasser des slogans avariés.
- L'AZI fait l'objet de
publications dans les magazines spécialisés. Les
oeuvres de Deshimaru sont publiées en poche. Son discours touche
nécessairement beaucoup plus de monde que le site AZI-info. N'est-il pas
vain de s'opposer á l'AZI par l'écrit dans le contexte d'un tel rapport de
force ?
Certains défaitistes
dilettantes préferent en effet se contenter de sécréter leur bile et
de la servir en toute autosatisfaction á leur cénacle. Plus sérieusement, du
point de
vue de l'impact, la quantité n'est pas le seul facteur. Sachez néanmoins que le
site
AZI-info a une performance actuelle de 500 pages lues par jour soit 15.000 par
mois. Chacune de ces pages web fait en moyenne 6 á 7 pages au format A4. Le
public concerné est intelligent, j'ai l'espoir qu'il fera preuve de
discernement.
- L'émission Voix
bouddhistes serait vue par 250.000 personnes chaque
dimanche. Vous ne faites absolument pas le poids.
L'AZI a de plus 28% du
temps d'antenne de cette émission. Interrogez-vous sur les
raisons pour lesquelles l'AZI pratique un tel prosélytisme. Pourquoi a-t-elle
un vice-
président et 3 administrateurs sur onze de l'Union Bouddhiste de France qui
gere
Voix Bouddhistes ? Pourquoi Roland Rech fait-il partie du Comité de rédaction
du
magazine Samsara ? Pourquoi les publications de Deshimaru sont-elles expurgées
des passages les plus idéologiques ? Pourquoi la définition de la mission de
Deshimaru n'est-elle pas publiée ou présentée á Voix Bouddhistes ?
- Vous vous moquez des
légendes autour de Deshimaru. Les mythes
fondateurs ne sont-ils pas nécessaires?
Si Deshimaru était vivant
il se ferait entarter ! L'AZI touche-t-elle un public éduqué
ou des paysans de contrées barbares en l'an 800 ? Le zazen correctement
pratiqué
et un enseignement de qualité devraient suffire á constituer le socle fondateur
d'une
école zen sérieuse. Les légendes autour de Deshimaru sont de la poudre aux
yeux.
- Deshimaru a tout de
même l'immense mérite d'avoir apporté le zen et
le Dharma en France.
Le Dharma de Deshimaru
est un fatras approximatif. Il est vrai cependant que
Deshimaru a apporté son zazen en 1967. Il aurait du en rester lá.
Malheureusement
il était aussi un raté sans formation monacale que
dangereux aventurier. Ayant cependant trouvé un public en France, il a compensé
pour les échecs de la période de sa vie au Japon par l'usurpation,
l'affabulation et le
charlatanisme. Évidemment il fallait que des gogos le suivent. Mais tous ses
disciples
n'étaient pas dupes. La libido dominandi des plus politiques s'exprime au grand
jour
médiatique á l'heure actuelle. La sauce a pris et le godo peut-être vu comme un
ex-
gogo qui ressert les plats.
- L'AZI ne reste-t-elle pas, quoiqu'il en soit, "incontournable"?
Un peu comme le
fast-food, en quelque sorte. N'oubliez pas un élément vital pour
l'AZI, le taux de conversion, en pratiquants voire en membres, des personnes
touchées par les media qui véhiculent sa propagande. Le taux de conversion de
"Voix
bouddhistes" est sans doute tres faible. puisque, par exemple, sur cent
personnes
qui participent á la séance d'initiation du dojo de Paris, quelques-unes au
plus
reviennent et pratiquent.
- Pourquoi cet élément serait-il vital?
Parce que le taux de
rotation des effectifs de l'AZI est tres rapide. Le membre moyen
qui n'a pas reçu directement l'endoctrinement de Deshimaru reste cinq ans, ce
qui
permet déjá d'entendre certains kusen de multiples fois. Or l'AZI doit
rembourser les
emprunts qui ont permis l'achat du "dojo" de Paris et faire face aux
frais d'entretien
du château de
Si ce flot venait á se tarir, quelques années suffiraient á transformer l'AZI
en club de
nostalgiques du gourou décédé. L'AZI pratique l'équilibre de la bicyclette.
- Selon vous, quel est le public visé par le site AZI-info?
AZI-info,
http://www.butsudo.net/azi, s'adresse aux membres et pratiquants des
dojos de l'AZI. Ce sont en effet eux qui financent l'AZI. Ils est étonnant de
constater
qu'un grand nombre connaissent tres bien le site et en commentent précisément
le
contenu. On assiste d'ailleurs á une certaine désillusion dans les dojos AZI, á
des
départs voire comme á Grenoble ou Mons á une scission avec affiliation du dojo
á
une autre école. Mais, si la transformation de cette désillusion en volonté de
réelle
réforme prendra peut-être encore du temps, á terme on voit mal comment le
public
éduqué qui constitue l'essentiel des membres pourra continuer á se laisser
mener en
bateau par les godos.
- Pourquoi ne pas adopter un ton plus pacifique?
AZI-info est fait par des
jeunes gens polis de culture juridique qui ne veulent pas
donner á l'AZI l'occasion de gagner un proces en diffamation. On les comprend.
Ils
restent donc prudemment en deçá des possibilités de la langue française.
Revoyez
les définitions du Larousse ou du Robert pour : charlatan, usurpateur,
tromperie,
secte, arnaque, chimere, amateurisme, tyrannie, incompétence, niaiserie,
endoctrinement, ineptie.
- A ce sujet, les godos
n'ont-ils pas intérêt á démentir ce qui est faux,
voire á poursuivre en diffamation les auteurs d'AZI-Info?
Pour intenter un tel
proces il faudrait que godos puissent avoir une chance de le
gagner. L'AZI est basée sur le mythe Deshimaru, présenté comme le premier
patriarche du zen en Occident. Un réel débat aboutirait rapidement au démontage
des légendes dont vit l'AZI. Ses responsables esperent peut-être que le site
critique
ne sera pas pris au sérieux et que l'omerta tiendra bon.
- Que reprochez-vous aux godos?
En premier lieu leur
style de direction hautain, leur manque de remise en cause,
leurs pseudo-certitudes. Fondamentalement, leur insécurité. A la mort du
charlatan
(il prêchait que le zazen guérit le cancer et est mort d'un cancers du
pancréas) , ils
ont pris la releve au pied levé et depuis, ils essaient d'assurer comme ils
peuvent
avec les instruments de l'autoritarisme et du marketing. Certains ont pris des
cours
pour mieux passer á la télé. Ils sont de mauvais managers qui concentrent le
pouvoir, déleguent des miettes et n'ont pas l'autorité suffisante pour remettre
á leur
place les satrapes locaux qui se prennent pour des godos. Les connaissances et
les
capacités pédagogiques des godos qui croient s'en tirer en paraphrasant les
kusen de
Deshimaru sont insuffisantes. Enfin, les godos qui parlent souvent
d'interdépendance
ne voient pas comment concretement ils sont redevables de comptes aux membres
qui constituent l'AZI, une association de
- Quelles solutions voyez-vous á cette situation?
Certains veulent battre
les godos sur leur terrain et devenir calife á la place du calife.
A mon avis, is no good. La solution á long terme dont parlent les tres patients
viendra du déces naturel de la génération qui a connu Deshimaru. D'ici-lá les
autocrates actuels ont le temps de terminer de transformer l'AZI en
"sublime
avorton".
- A part cette rigueur mortelle qu'envisagez-vous?
On peut envisager
plusieurs solutions actives. Ma préférence serait que les godos
finissent de se réveiller de leur rêve d'avoir été les disciples du
"premier patriarche
du zen en Occident". En bref, ils prendraient des mesures réalistes pour
revenir dans
le giron du zen Sôtô tout en conservant une certaine flexibilité par rapport
aux regles
de
allégé, deviendrait un simple encouragement, si nécessaire. Un enseignement
véritable le remplacerait. On aurait, par exemple, des conférences dans le dojo
avec
questions-réponses. L'administration serait confiée á un comité élu
démocratiquement. L'AZI déciderait si elle est bouddhiste ou non. Il y aurait
ouverture et coopération avec les autres groupes zen, au moins dans la mouvance
Sôtô. Des maîtres Sôtô seraient invités á donner des sesshins.
- Si l'évolution ne vient pas des godos, que se passera-t-il?
On peut imaginer que les
pratiquants seront assez matures pour exercer une
pression suffisante sur les godos pour obtenir des réformes. Si tel n'est pas
le cas, ce
qui représente une réelle possibilité, on peut raisonnablement penser que
certains
dojos finiront par quitter l'orbite de l'AZI pour se rattacher á des
enseignants sérieux
reconnus par
pouvoir accueillir et fédérer ces dojos. Quoiqu'il arrive au plan collectif,
nombre de
pratiquants et membres ne toléreront plus la situation de mensonge et de
dissimulation et chercheront ailleurs un enseignement plus sain. Certains
abandonneront probablement le zen, ce qui se produit déjá en ce moment même. Le
recrutement sera d'autant plus difficile que le public aura acces á la critique
sur le
web.
- N'aurait-il pas été
préférable de trouver une solution "en famille"
plutôt que de laver le linge sale sur la place publique?
Il est difficile de
dialoguer avec des gens qui non seulement font la sourde oreille,
mais qui de fait ont, en 1998, distribué des instructions écrites dans les
dojos
intimant aux responsables de "ne pas laisser s'installer la
critique". Les godos ont
une stratégie de domination ainsi qu'en témoignent leurs efforts pour maintenir
l'hégémonie de l'AZI dans les media. Ils ont été formés á l'école de Deshimaru,
un
être manipulateur, voire despotique. Ils annoncent aussi clairement que selon
eux "le
zen n'est pas démocratique". Comme ils contrôlent les canaux de
communication au
sein de l'AZI, une solution possible et pratique était de recourir á la
communication
par e-mail, de créer un réseau de débat et de publier sur le web. Bien
qu'avertis de
ces projets, les godos n'ont pas voulu les prendre au sérieux.
- Ne craignez-vous pas
que vos pamphlets, les moqueries et
l'entreprise de démythification de Deshimaru n'aient blessé ceux qui l'ont
connu?
Cette question est
importante. Si vraiment les disciples pratiquent le zen, á savoir le
détachement, la conscience de l'impermanence, la recherche de la vérité et
l'esprit
sans demeure, alors ils accepteront de voir les choses en face. Si par contre
ce sont
des imposteurs et des petits chefs insécures, ils demeureront rivés á l'image
qu'ils
ont créée de Deshimaru. Dans ce cas je prévois qu'ils devront faire face á de
graves
difficultés pour s'accommoder á la réalité.
1.5.2001
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Texte publié pour la premiere fois en novembre 1999 sur la liste de discussion
Butsudo.
Eloge de Taisen Deshimaru
Aujourd'hui, ça me prend, j'ai décidé de faire un éloge de Taisen Deshimaru.
M° Deshimaru était un grand menteur et un grand escroc. Et pour cela, nous devons lui en avoir une reconnaissance pieuse.
Car s'il avait été parfaitement honnete, croyez-vous qu'il aurait pu accomplir ce qu'il a accompli? Non. Et en meme temps, lorsqu'on y réfléchit bien, cette escroquerie était ce qui donnait un sens a sa vie, et donner un sens a nos existences n'est-il pas ce qui nous fait y avancer? Et si peu de gens y parviennent.
Alors, évidemment, il y a toute la mythologie qui en découle. Mais réfléchissons-y un peu.
Si TD avait VRAIMENT été l'éleve de Sawaki, nous serions-nous inquiétés de savoir ce qui ne colle pas entre l'enseignement de TD et celui de KS?
En imaginant que Zen at War n'ait pas été publié, ou soit resté inconnu de nous, nous serions-nous préoccupés de voir la faillibilité d'un homme comme Sawaki? Nous serions-nous interrogés sur le poids de la mythologie qui pese sur les maîtres, avec ce mythe de l'infaillibilité godale?
L'enseignement du Zen, pour ce qui me concerne, se sépare difficilement du Bouddhisme, voire pas du tout. Mais je sais que sans TD, le bouddhisme et le zen seraient restés pour moi lettre morte, des souvenirs de bouquins lus dans le désordre et rien de plus.
C'est vrai qu'il est facilement indigeste, dans ses livres, c'est vrai que les bouquins de kusen publiés par l'AZI les sont encore plus: l'avertissement est d'ailleurs clair, quoique non entendu: si on les lit, ce ne sont plus des kusen; ils ont été prononcés dans un contexte donné, sans ce contexte, ils sont a la limite de l'insensé. Des indices sérieux laissent entendre qu'il a pompé dans les livres publiés par Sawaki, pour se mettre au niveau du rôle qu'il avait assumé, car il est bien évident pour quiconque s'est donné la peine d'observer le phénomene, que le menteur est toujours pris au piege de son propre mensonge.
«A beau mentir qui vient de loin»
Seulement, le mensonge est contraignant, surtout lorsqu'il consiste a enseigner au autres quelque chose en quoi on croit, mais qui comporte des a-côtés qu'on ne connaît pas; on se retrouve obligé a rattraper le retard d'information, et on fait bien plus d'efforts qu'on n'en aurait fait autrement.
M° Deshimaru (Disciplerond) a fui, je pense, une double vie au Japon faite de mensonge et de compromissions, une vie ou il lui fallait choisir entre le Zen et son ami Masaki, c'est a dire l'extreme droite ultra-nationaliste. Il ne dit pas comment il a résolu le kôan, et c'est normal, il l'a résolu par la fuite, une fuite qui a emprunté le Transsibérien et qui l'aurait peut-etre emmené aux E-U, si les dieux du Bouddhisme n'en avaient décidé autrement.
Il s'est arreté a Paris, et la, dans une misere matérielle qui lui permettait au moins d'échapper a la misere morale, il a pu monter son «escroquerie».
Qui l'aurait suivi s'il avait dit la vérité sur lui-meme? Personne. Je sais, il a menti, c'est MAAAAAAL! Et il brule certainement en enfer pour cela. Mais je suis sur qu'il en était conscient. Je pense qu'il s'agissait d'une sorte de sacrifice, comme l'enfant qui donne sa chair a manger au démon, ou le lapin qui se jette dans le brasier: acte pur et profond de bodhisattva.
De plus, il nous quitte sur cet avertissement: «Ne copiez pas mes mauvais côtés!»
Evidemment, l'avertissement n'est pas entendu, et ce sont précisément ses mauvais côtés (alcoolisme, mensonge, affabulation, autoritarisme totalitaire) qui sont copiés, laissant ainsi de côté toute la substantifique moëlle de ce qu'il a transmis, en fin de compte.
Et c'est la que ce que dit Eric a propos de la transmission, qui n'est jamais la meme chose du tranmetteur au transmis, trouve sa réalisation. Le Bouddhisme monastique tel qu'il s'est transmis au cours des siecles en Orient, atteint aujourd'hui ses limites, au moment ou il se transmet dans nos pays. Pourtant, au contraire d'Eric, je ne crois pas que la vie monastique soit nécessairement insensée, mais plutôt qu'on ne peut pas limiter la pratique au monastere.
En ce sens, la forme pragmatique et opportuniste créée par M° Grandesagesse Disciplerond est probablement excellente, et il y a sans doute peu a y changer.
C'est donc la qu'intervient la derniere bénédiction de TD. Ses mensonges, ses approximations, son escroquerie, pour tout dire, ne pouvaient rester inconnus pour toujours, et cela, il devait au moins s'en douter. Si vous voulez vous en convaincre, faites l'effort de vous remémorer une quelconque de vos petits mensonges, approximations, compromissions, de celles que vous avez honte d'y penser, meme. On en a tous. Et voyez comment, simultanément, on s'en débarasse par des pirouettes, car nous sommes les premiers a désirer a toutes forces croire a nos menteries, mais nous sommes aussi aux premieres loges pour en savoir la vanité.
Sa bénédiction, c'est de remettre par force, a cause de l'exces meme des moyens employés, toute la dogmatique de l'infaillibilité godale, a commencer par la sienne et celle de Sawaki, de nous rappeller a toutes forces a quel point nous sommes tous faillibles, et a quel point il est facile, en déviant d'un cheveu, de dévier totalement. Son Zen était conditionné par des siecles de militarisme (j'allais dire imbécile, mais ce serait un pléonasme) et presqu'un siecle d'autoritarisme fasciste. C'est le contraste meme de ce conditionnement et des opinions politiques d'une majorité des pratiquants de son zen qui oblige a reconsidérer les ressorts de ce dysfonctionnement, apporté au coeur d'une civilisation qui a une histoire ni plus ni moins (vain-)glorieuse que les autres, mais qui a élaboré une éthique de l'horizontalité sociale qui permet de contrebalancer efficacement les exces de la verticalité.
Cette derniere, meme si elle peut prétendre a une certaine efficacité, est trop vulnérable a sa situation «turri-éburnéenne», et, partant, au systeme du faire-couper-la-tete-aux-porteurs-de-mauvaises-nouvelles, qui a le désavantage de voir un jour les mauvaises nouvelles arriver toutes seules, sans etre annoncées.
Une éthique, aussi, ou on n'admet pas de sacrifier les victimes au seul prétexte qu'elles sont la pour leurs péchés ou leurs erreurs. Une éthique, en somme, qui a une certaine tendance a etre pleurnicharde, mais qui a, si l'on sait raison garder ses vertus. Apres tout, c'est elle qui a produit Médecins sans Frontieres, Greenpeace, Amnesty International et autres mouvements voués a la défense de ci, de mi, mais toutes archi-nécessaires en notre monde.
Il reste aux Bouddhistes d'ici, a intégrer ces notions dans leur pratique. Je ne crois pas que TD ait vu les choses comme ça, il aurait fallu qu'il soit omniscient, et ça je n'y crois pas, meme pour Gautama Shakyamuni, mais la façon dont il a posé les choses OBLIGEAIT, a terme, karmiquement, a faire cette réflexion.
Et c'est pour cela que je lui rends hommage. Il faut lui savoir gré meme de ce qu'il a réalisé sans s'en rendre compte, car c'est (métaphoriquement) ce que les divinités bouddhiques l'ont incité a faire.
Michel Proulx
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Je voudrais apporter une petite nuance a mon propos.
Dans mon «Eloge de Taisen Deshimaru», j'ai cherché a faire cette part des choses que peu semblent vouloir faire. Non pas pour excuser ou dédouaner TD de ses erreurs et/ou manquements, mais pour susciter un débat qui permettrait d'y voir un peu plus clair. J'ai dit, la-dedans, ce que je pensais sincerement, je ne puis que regretter que personne ne soit intervenu, a part le Dr Louys ou Pierre Chapus, en particulier de ceux qui ont connu personnellement TD, pour infirmer ou confirmer mes intuitions.
J'essaye de le voir essentiellement comme etre humain, et si moyens habiles il y a, c'est, au sens de mon article, un peu malgré lui. Moyens habiles des divinités bouddhiques pour se servir des faiblesses d'un homme fuyant un passé trop lourd, et non pas moyens habiles utilisés par TD pour faire passer un message auquel il aurait cru profondément (et encore la, n'allez pas en déduire que je croie qu'il n'y croyait PAS profondément lui-meme: le langage, de par sa nature univoque, tend a faire sombrer le lecteur dans le binaire)
Je me suis particulierement attaché a l'avertissement de TD «Ne copiez pas mes défauts», parce qu'il me semble particulierement typique (comme je l'ai signalé a P Chapus dans un contexte psycho-historique) que ses successeurs auto-proclamés aient fait précisément le contraire.
Michel
______________________________________________
Comment décrire cette
paresse
Un cerveau quantique
De ses circonvolutions une pensée d'éveil
Ou se mire l'illusion
Max Plank (mais c'est pas vrai)